--- Démocratie sénégalaise, entre contradiction systémique et incompatibilité sociologique !
Un bâtiment gouvernemental imposant avec des colonnes
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Démocratie/
Souveraineté

Démocratie sénégalaise, entre contradiction systémique et incompatibilité sociologique !

En matière de lutte démocratique, on peut dire qu’au Sénégal, les slogans se succèdent, se ressemblent mais périment aussitôt tel un fût de lait mélangé à du sang.

Louée à tort, au crédit de sa stabilité dans la région, la démocratie sénégalaise, si elle en est une, est très loin de l’image qu’elle renvoie sur la scène internationale. La population, particulièrement cette frange de la jeunesse qui martèle à profusion des slogans, ne s’est pas appropriée le terme, ni de son historique, ni de ses principes. La démocratie sénégalaise est un mythe, un rêve vendu par l’élite. Elle est constituée d’un pouvoir hyper-présidentiel, d’une opposition souvent faible, meublée par une société civile inaudible, sous le regard d’une population majoritairement ignorante et sentimentaliste.

Si on fait une exhaustion des principes fondateurs de la démocratie, on s’aperçoit que le Sénégal n’en a rien :

  • Les personnes ne naissent pas libres et égaux en droits, et ce dès la naissance. La lignée des ancêtres et le nom de famille décident d’une certaine manière de la place de l’individu dans la société. Selon les territoires d’origine, des personnes ne jouissent pas du minimum requis pour concourir à la méritocratie. Cette catégorisation demeure un handicap chez certains à moins qu’ils gravissent les échelons et atteignent les sommets.
  • La séparation des pouvoirs n’est que de façade. C’est l’exécutif qui tient tout: il envoie ses automates analphabètes à l’assemblée, siège au conseil supérieur de la magistrature, place ses pions dans les postes clés, et orchestre tout.
  • La justice est à géométrie variable: l’affiliation politique, le poids dans la société décideront du sort d’un fautif.
  • Des élections libres et transparentes sont rarement organisées; la main de l’exécutif entre au fond et donc le vote ne peut être souverain. Si de manière épisodique, la population a pu montrer qu’elle était souveraine, elle l’a faite plus par pure émotion que par des principes qu’elle ignore.

Ce système moribond qui oscille désormais entre totalitarisme et anarchisme selon les rapports de force, est en fait incompatible avec la sociologie sénégalaise.

Si l'État est laïque, la population ne l’est guère. La religion est omniprésente dans la politique. Elle semble être au-dessus du pouvoir. Les foyers religieux ont un tel poids sur la population qu’ils peuvent destituer un pouvoir. D’autant plus que les hommes de pouvoir sont sous leur joug.

La population sénégalaise a mené des luttes , telles que la restauration des valeurs, la lutte contre la propagande LGBT, entre autres alors que c’est cette démocratie qu’elle adopte comme système qui favorise l’expansion de ces anti-valeurs. C’est le paradoxe sur lequel elle navigue.

Le Sénégal a ratifié beaucoup de traités internationaux inspirés des sociétés occidentales. Cela a conduit à donner des cartes de prostitution assorties d’un complémentaire santé 100% et tant d’autres qui échappent à l’œil du peuple.

Face à cette incompatibilité, des voix comme le « parti RV (Rassemblement pour la vérité » , la « coalition citoyenne le peuple » s’élèvent, remettent en cause le système et réclament d’un côté une constitution islamique et de l’autre un état théocratique en convergence avec les religions.

Dans l’idée, on ne peut que magnifier ces initiatives mais dans le processus de mise en place, beaucoup d’ombres restent à éclaircir. La population sénégalaise est-elle prête pour de tels bouleversements ? Quelles têtes d’affiche pour de tels projets ? Qui pour rédiger la constitution et quels compromis entre les différentes religions, les différentes idéologies au sein d’une même religion ?

L’affaire se complexifie d’ores et déjà. Nous croyons en une vérité qu’est l’islam, basé sur le Coran et la Sunnah avec la compréhension des pieux prédécesseurs. Cette vérité ne peut être mélangée en aucun cas avec du faux. Pour l’heure, la seule mission qui vaille, c’est d’appeler, de convaincre et de faire adhérer un maximum de personnes à cette vérité. A ce moment-là, on pourra mener la réflexion d’un État islamique, les personnes auront changé, les dirigeants de même.

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Mouhamed Ba

Rédacteur