Au nom d'Allah Le Tout Miséricordieux Le Très Miséricordieux
Le prix de la sunna
Lorsque des photos de responsables d'associations islamiques, posant devant la tombe de Cheikh Ahmed Tidjane, ont été brandies fièrement avec les commentaires qui les ont accompagnées par un quidam, telles des trophées sur les réseaux, ceux qui ont de la jalousie pour la sunna se sont offusqués de cette visite compte tenu du personnage et de son leg en parfait déphasage avec la sunna. Dans ce contexte, des énergumènes sont sortis du bois avec l'indécence et l'impertinence qu'on leur connaît pour, paraît-il, défendre l'indéfendable à coups de ratiocinations stériles et de raccourcis simplistes, essayant de brouiller les pistes sur ce sur quoi on les appelle. Ce n'est que partie remise car à chaque fois que des gens essaieront de semer des ambiguïtés, d'autres se tiendront debout pour y répondre sans indécence et sans l'utilisation de sobriquets irrévérencieux.
De quoi est-il question? S'agit-il d'une visite anodine d'une tombe comme on en visite un peu partout et comme il nous l'est recommandé dans notre religion ? Très certainement, une personne qui arguerait ainsi au vu du contexte et des critiques reçues ne sort pas de ces deux situations : soit elle n'a pas compris les reproches qui ont été formulés soit elle est de mauvaise foi. Le deuxième cas semble plus pausible au vu des écrits de ceux qui ont pris la parole à ce sujet.
La question n'est donc pas s'il est permis de visiter une tombe ou pas mais bien la permission de visiter une tombe qu'on sait visitée par des millions de personnes qui considèrent une telle visite comme un pèlerinage. Se tenir devant cette tombe, quel que soit le but qui a mené jusqu'à elle, sans piper mot sur les pratiques dont elle est l'objet (des personnes viennent invoquer auprès de la tombe) ou encore des innovations dans lesquelles étaient son propriétaire (la salatoul fatihi valant 6000 fois le Quran entres autres hérésies), allant même jusqu'à "le considérer comme un saint" (sic), c'est bien là, le reproche qui leur est fait pour des gens systématiquement à la sunna.
Dans leur argumentation laborieuse, certains ont essayé de se débattre en cherchant une bouée de sauvetage, avant de s'agripper au noble Sheikh Al Utheymine (qu'Allah lui fasse miséricorde). Là encore, la politique de l'autruche est appliquée en mêlant le nom de cet éminent savant à une chose dont il se serait très certainement désavoué s'il était encore en vie. Une fatwa du sheikh qui parle de la visite des tombes, ce qui, comme dit plus haut, n'est pas le sujet. Et on ne peut qu'être consterné par ce détournement d'objectifs fait à desseins. N'ont-ils pas vu cette parole de sheikh Al Uthaymine qui dit comment se comporter face à son "ami" innovateur ( https://binothaimeen.net/content/10644 ) ?
Ils ont le droit de sanctifier celui qu'ils veulent, ceci aussi est un faux problème. Mais, quand cette sanctification est faite au nom de la sunna, que les fanfarons de service ne sortent pas avec leurs arguments fallacieux pour dire qu'ils en "ont le droit" (sic). Non, ils n'en ont pas le droit ! Et qu'ils ne soient pas étonnés d'avoir une réplique des gens de la sunna pour clarifier et purifier la sunna de ces pratiques dont elle se désavoue.
L'autre sophisme dont ils ont été victimes est de dire que nous forcions à la limite ces "oulémas" à "adopter notre minhaj" (sic). Que nenni, nous les appelons plutôt à suivre le minhaj prophétique, celle sur laquelle a cheminé ses compagnons et ceux qui les ont suivis durant les premiers siècles glorieux de l'islam. N'acceptant aucun compromis avec les gens de l'innovation, mettant en garde contre leurs innovations par jalousie pour la religion mais aussi dans un souci de préservation de celle-ci.
Ces gens à qui vous donnez des sobriquets (qu'Allah d'ailleurs a interdit dans la sourate 49 dont se base un des énergumènes) sont soucieux de la préservation de la sunna, quitte à se mettre le monde entier à dos. Ils sont intransigeants face aux innovations et leurs adeptes, prêts à lutter pour sa préservation quel qu'en soit le prix sans craindre le blâme du blâmeur. Ils ne sont pas un groupe WhatsApp mais bien le groupe sauvé. Ils n'appellent et n'imposent pas la "sunnacratie", ce sont des sunnites qui rêvent d'un monde où les innovations et le polythéisme disparaîtraient comme ce fut la mission des prophètes. Et ils ne sortent ni ne font entrer personne dans ce groupe car n'ayant pas ces prérogatives. Les gens, par leurs paroles et actes, y adhèrent ou en sortent. Le prix que vaut la sunna, ils sont prêts à l'acheter coûte que coûte, ce sont les gens de la sunna et du consensus…

