Au nom d’Allah Le Tout Miséricordieux Le Très Miséricordieux
Lettre ouverte au procureur de la République
Monsieur le Procureur, Nous trouvons qu'il est fait mention, dans la constitution sénégalaise, à l’article 7 que:
“Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes sont égaux en droit. Il n'y a au Sénégal ni sujet, ni privilège de lieu de naissance, de personne ou de famille” (sic).
Pouvons-nous espérer Monsieur, que cette dernière phrase soit encore vraie ou, du moins, respectée sous nos cieux? En effet, certaines communautés semblent plus respectées que d’autres du fait de leurs positions sociales ou, pire encore, leur patronyme. Comment expliquer sinon Monsieur, que des instructions furent données par vos soins pour “cueillir” ce prédicateur et “ses acolytes” (comme les ont décrits les médias, voulant ainsi faire d’eux de vulgaires malfrats) suite à une plainte du porte-parole de la confrérie layenne pour “injures, diffamation et trouble à l’ordre public”? Monsieur, l’article 8 de la constitution dispose que:
“Chacun a le droit d'exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume et l'image. Chacun a le droit de s'instruire sans entrave aux sources accessibles à tous. Ces droits trouvent leurs limites dans les prescriptions des lois et règlements ainsi que dans le respect de l'honneur d'autrui” (sic).
Monsieur, sachez que les gens de la sunna font partie de ceux qui respectent le plus l’honneur d’autrui conformément à une célèbre parole prophétique (Tout ce qui concerne le musulman est inviolable : son sang, son honneur et ses biens). Sachez en outre qu’ils sont les plus enclins à respecter les droits des autres et plus vigilants quant à leurs devoirs. Ils acceptent, sans rechigner, les attaques, les campagnes de diabolisation et de diffamation à leur encontre (et Dieu sait qu’il y en a une panoplie). Cependant Monsieur, they se tiennent farouchement debout, selon les limites de ce que leur permet la législation islamique, quand l’honneur de leur Prophète(ﷺ) est bafoué. Et ils ne se font pas prier dans ces cas, pour rétablir ce qui, pour eux, semble être la vérité sans injures ni insanités. Monsieur, vos hommes de la DSC pourraient certainement vous informer, au cas où vous ne le sauriez pas, que des sénégalais, censés être soumis à la loi du Sénégal, scandent, au vu et au su de tous, que notre bien aimé Prophète s’est réincarné et qu’il se trouve actuellement à Yoff!! Ceci est propagé via les supports numériques (il y a un site entièrement dédié ainsi que des pages facebook) sans que cela ne heurte personne ou ne soit considéré comme “injures”,“diffamation” envers l’Islam et son Prophète(ﷺ) et “trouble à l’ordre public” dans un pays majoritairement musulman. Les gens de la sunna sont-ils des citoyens de seconde zone pour ne pas pouvoir apporter la contradiction quand ils jugent qu’un des fondements de la religion est attaqué? N’ont-ils pas, comme le stipule la constitution et le font les autres, le droit de “diffuser librement leurs opinions par la parole, la plume et l’image”? Quelle est donc cette équanimité variable dont sont victimes les gens de la sunna qui disent pourtant les mêmes choses que les autres communautés ou même moins que cela pour clarifier ce que partagent 95% de Sénégalais, la foi Islamique? Ceci est sûrement dû aux stéréotypes qui leur sont accolés à tort (“les pourfendeurs de nos aïeuls, avec un Islam importé”). Sachez donc en définitive, Monsieur le Procureur, que les gens de la sunna ne sont pas des semeurs de troubles et n’y appellent pas non plus. Ils respectent scrupuleusement les principes de vie commune, gage de stabilité et de paix sociale. Par contre, ils ne font pas de compromis sur les principes fondamentaux qui constituent leur foi et ne lésinent sur aucun effort pour propager la croyance qu’ils considèrent authentique ainsi que de répondre à tous ceux qui voudraient y introduire une quelconque ambiguïté. Ceci est leur voie, celui qui est en désaccord avec eux a la plénitude d’apporter ses arguments pour se défendre, loin des invectives et autres coups bas. L’Islam constitue leur plus gros butin et c’est tout naturellement qu’ils répondent à toute personne qui viendrait à lui affilier des pratiques ou croyances qui, pour eux, n’en font pas partie. Ils sont loin d’être les ennemis de la République, encore moins de la société. C’est au contraire, une bénédiction (et le mot n’est pas assez fort) pour le Sénégal, de compter parmi ses dignes fils, des personnes se réclamant de cette voie. En priant pour un Sénégal de paix, de stabilité et de cohésion autour de la vérité, veuillez agréer, Monsieur le Procureur, l’expression de mes salutations distinguées.