Nous avons tous entendu un jour cette phrase : "tous les hommes sont égaux devant la loi". Égaux devant la loi, donc égaux au sein d'une même nation. En conséquence, ils doivent faire l'objet d'un traitement équitable. Cependant, est-ce réellement le cas dans la pratique ? Sommes-nous réellement égaux en dehors de la loi ? Chaque être humain, animé par un sens d'analyse objective, peut répondre sans détour à cette question. Dans la pratique, il est difficile de contester l'existence d'une dichotomie entre les citoyens d'un même État. D'où vient cette disparité ? Qui la crée ? Qui l'entretient ? Pas de coupable prédéfini, certes. Toutefois, cette dichotomie au sein des nations découle de la volonté d'un groupe d'individus souvent favorisés par leur formation éducative, leurs relations, leur profession, etc., de dominer leurs semblables avec lesquels ils partagent le territoire. Cette volonté, parfois transformée en soif de domination, les pousse à se regrouper pour former une force financière et communicative puissante et destructrice. Ce groupe a un nom : l'élite. Elle possède un langage qui lui est propre, comme l'a montré Charles Péguy dans Cahiers de la quinzaine, où il souligne que les politiciens et les journalistes utilisent un langage codé, différent de celui des autres citoyens. Les mots peuvent sembler similaires, mais leur connotation varie selon l'utilisateur.
L'élite cherche chaque jour à nous imposer une orientation, à nous faire accepter l'inacceptable. Sa méthode favorite est la diabolisation, dépourvue d'éthique et de morale, motivée uniquement par sa survie. Elle s'entretient ainsi seule, n'hésitant pas à recourir à toutes sortes de pratiques pour empoisonner la vie des citoyens, créer des conflits au sein des peuples et des nations, défendre ses intérêts au détriment de ceux qu'elle considère comme étrangers à son territoire. Par exemple, alors que les populations sénégalaises découvraient avec tristesse le drame des jeunes migrants retrouvés morts au large des côtes de Saint-Louis, une journaliste, patronne de presse, a subi une agression. L'inégalité de traitement entre ces deux événements, soulignant l'indifférence des élites envers les premiers et leur réactivité face à la seconde, a été frappante. Cette réaction met en lumière l'inégalité des citoyens sénégalais. Les agressions au Sénégal sont devenues courantes, mais c'est la première fois qu'un président de la République dénonce publiquement une agression, non pas en raison de sa gravité, mais parce que la personne agressée fait partie de l'élite. Il est alors tentant de penser que pour bénéficier d'un tel traitement, il suffit de faire partie de l'élite.
Cependant, la véritable solution n'est pas de rejoindre l'élite pour obtenir les mêmes privilèges, mais de la combattre. Imposer une manière de faire qui favorisera une équité et une égalité parfaites dans le traitement des hommes et des femmes, refusant ainsi la marginalisation imposée aux personnes qui ont fait des études islamiques. Suivre l'élite, c'est prendre le risque de perdre nos valeurs et notre culture au profit d'une culture importée. C'est également écouter ceux qu'il ne faut pas écouter, au détriment de ceux qui méritent notre attention infinie chaque jour.